Le voile de Téhéran • Parinoush Saniee

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Roman Historique
8 Janvier 2015
Robert Laffont
560 pages

Prix Littéraire des Chroniqueurs Web

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Massoumeh, seize ans, n’a qu’un désir : poursuivre ses études. Un rêve accessible aux filles depuis que le shah a modernisé l’Iran. Mais quand ses frères découvrent qu’elle vit une histoire d’amour, très innocente, avec un voisin, ils la marient à un homme qu’elle ne connaît pas et n’a même jamais vu. D’abord désespérée, Massoumeh se rebelle et prend son existence en main.

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Instinctivement, mon esprit a commencé à chercher des échappatoires. J’ai repensé à une dame qui avait pris la parole lors d’une séance de lecture féminine du Coran. Elle avait rappelé que le suicide était un acte répréhensible, un péché, même, elle avait dit que Dieu ne pardonnait jamais qu’on attente à ses jours, et qu’en agissant ainsi on se condamnait à brûler pour l’éternité dans les flammes de l’enfer en compagnie de serpents aux crochets venimeux et de bourreaux qui flagellaient les corps calcinés de pécheurs. Ceux-ci étaient contraints de boire de l’eau croupie, tandis que des lances brûlantes leur transperçaient le corps. J’en avais fait des cauchemars pendant huit jours et avais hurlé dans mon sommeil. Non, je ne voulais pas finir en enfer. Mais ma vengeance ? Comment les faire souffrir ? Comment leur faire prendre toute la mesure de leur cruauté ?
Il le faut, me suis-je encouragée ; si je ne le fais pas, je vais devenir folle. Il faut que je les tourmente autant qu’ils m’ont tourmentée. Je veux les obliger à s’habiller en noir, à regretter ma mort pour le restant de leur vie.

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Encore une fois, je vous retrouve pour vous parler d’un roman sélectionné au Prix Littéraire des chroniqueurs web, et ce roman est vraiment une belle découverte.

Dès les premières pages, j’ai été totalement envoûtée par l’histoire de Massoum, une jolie jeune fille d’à peine 16 ans. Massoumeh est totalement investie dans ses études qu’elle aimerait à tout prix poursuivre. Mais son rêve va se briser lorsque ses frères découvrent le début d’une histoire d’amour avec un jeune garçon travaillant à la pharmacie. Pour de simples regards échangés, Massoum est accusée d’avoir déshonoré sa famille. C’est un passage extrêmement fort dans ce roman, et c’est à partir de là que l’on découvre une puissance et une sensibilité extrême dans ce récit.

C’est ainsi que ce roman reflète la condition de la majorité des femmes en Iran. On découvre alors la culture et les traditions de ce pays ; je suis souvent passée dans une sorte d’incompréhension concernant les actions de Massoumeh. À la fois, elle se bat pour le droit des femmes, et veut faire évoluer un système politique qu’elle subit ; mais dans un même temps, elle continue à se soumettre à certaines décisions masculines. L’auteur met en évidence des traditions millénaires omniprésentes difficiles à changer.

Tout au long du roman, on souffre en compagnie de Massoumeh, victime de tellement d’injustices et d’humiliations souvent provoquées par des règles et croyances religieuses qui n’évoluent pas avec la société iranienne. On ne peut cependant qu’admirer le courage et la détermination de cette femme malgré toutes les épreuves vécues. Malheureusement, j’ai eu une sensation de  répétition lors de ma lecture, notamment dans la seconde partie du roman. De même, j’ai trouvé que le retour du premier amour de Massoum, Saiid, arrivait bien trop tard dans le roman, c’est ma plus grande déception dans ce roman ; cet aspect méritait d’être davantage exploité par l’auteur. Quant à la fin, j’ai ressenti une véritable frustration, j’attendais quelque chose de plus fort à l’image de ma lecture. Je suis donc restée sur une impression d’inachevé…

Ce roman fut une découverte enrichissante sur l’Iran, ses traditions et son histoire politique. J’ai été transportée par la vie de Massoumeh, parfois touchée, d’autres fois révoltée, j’ai pleinement ressenti les injustices et les humiliations qu’elle a pu subir. Mon seul regret repose sur cette fin trop abrupte et une place trop restreinte de l’histoire d’amour entre Massoumeh et Saiid.

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Etoiles

16/20

plume

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